Interview de Julien, fondateur d'Organisologie.com
INSPIRATION

Interview Julien Gueniat – Organisologie

Aujourd’hui, j’accueille sur le blog Julien Gueniat d’Organisologie pour une petite interview.

Bonne Lecture ♥

Question 1 : Bonjour Julien et merci d’avoir accepté mon invitation. Peux-tu te présenter ?

Interview de Julien Guéniat fondateur d'Organisologie

Interview de Julien Guéniat fondateur d’Organisologie

Salut Amélie, Je suis Julien, j’ai créé l’Organisologie et je vis en aidant des entrepreneurs à atteindre leur projet sans se tuer au travail. À côté de ça, j’ai publié un bouquin, je soulève des poids (kettlebell), je bois pas mal de café et je lis beaucoup (en ce moment, Nassim Nicholas Taleb).

Avant cela, j’ai fait un apprentissage : j’ai appris le métier de paysagiste et avant d’expliquer aux gens comment s’organiser, je m’organisais pour que mes chantiers tournent bien. J’ai aussi géré des types (plusieurs dizaines, voire centaines en 2017) à différents moments de ma brève vie.

Comme tu le sais, sur mon blog, mes lecteurs ne sont pas intéressés à apprendre comment organiser leurs armoires à chaussettes ou tiroirs à ustensiles. Ce sont des gens ambitieux qui passent à l’action (ou qui veulent améliorer cet aspect).

Question 2 : Je sais que tu n’utilises pas les TO DO LIST (contrairement à moi ahah) peux-tu nous dire pourquoi ?

Parce que c’est un outil sortie tout droit du Moyen Âge, quand on avait 3 trucs à faire dans la journée : traire les vaches, aller acheter du pain et ne pas se faire tuer. Plus sérieusement, tout dépend de comment tu les utilises.

Ce que je vois souvent : les listes s’allongent au fil des journées (une tâche réalisée entraîne souvent une nouvelle tâche). À la fin on se fouette mentalement de ne pas avoir réussi à tout faire.

Un autre point c’est qu’une liste de tâche standard ne prend pas en considération les éléments “temps” (combien de temps pour faire la tâche ? à quel moment de la journée faire la tâche ?) et l’état mental (est-ce que je suis dans la bonne énergie pour faire cette tâche ?).

Je pourrais continuer des heures… ah oui, la priorité on en parle ? Suivant notre état, on va faire une multitude de petites tâches qui pourraient être ignorées parce que pas vraiment importante… au détriment de l’unique tâche qui DOIT être réalisée. Et le découragement de voir toutes les tâches à réaliser ?

Après évidemment, gérer ses tâches cela s’apprend… et je suis en train de créer un programme ultra-précis sur cet aspect là. Pour moi, le meilleur moyen d’améliorer sa gestion des tâches, est d’insérer ses tâches dans son agenda.

Amélie : Je comprends parfaitement ce que tu dis et je suis entièrement d’accord avec toi. Utiliser une TO DO LIST qui ressemble à un catalogue, sans aucune estimation du temps que cela prend, de ton énergie et des tâches prioritaires, c’est complètement inefficace et anxiogène.

Question 3 : Personnellement, j’utilise également les TO DO LIST pour stocker toutes les tâches que j’ai à faire. Peux-tu nous dire si tu utilises un système d’organisation pour vider ton cerveau des choses que tu dois faire ?

Oui, j’utilise Workflowy dans lequel j’ai implémenté un interface qui me permet de gérer la plupart de mes informations : Mon agenda, mes projets, les notes que je prends, les tâches que j’ai à réaliser, les idées que je peux avoir au fil de la journée, les sites à visiter, les listes en tout genre (liste de livres à lire, liste de restaurant à visiter, etc). Cela serait difficile à résumer en 1 article… mais le lecteur curieux pourra découvrir mon article sur le sujet de workflowy.

Auparavant, mon information était dispersé dans beaucoup trop d’applications. Workflowy + une interface ingénieuse = une organisation sous stéroïdes.

Y’a pas grand chose à dire… j’ai un seul système qui me permet de gérer le 95% de mon info. Le reste c’est anecdotique (ou de l’information métier, comme mon système d’emailing quotidien).

Résultat ? Cerveau apaisé, clarté dans ce que je dois faire, je ne perds pas de temps à chercher l’information, je ne perds pas de temps à me dire “est-ce que cette info est à jour ?”. Un peu comme quand tu fais un rangement d’appartement total, tu vois l’énergie ? Le bien être ? L’envie d’inviter des gens ? L’envie de relancer des projets oubliés ? C’est ce que permet d’obtenir un worklowy bien pensé.

J’ai des personnes qui m’ont appelé en pleurs pour me dire à quel point Workflowy avait changé leur vie. J’exagère un peu (évidemment) mais je ne suis pas loin de la réalité.

Toute personne qui gagne sa vie avec son cerveau devrait sérieusement se pencher sur la gestion de son information.

Question 4 : Et pour ta gestion de projets, comment fais-tu ?

Pour ma gestion de projet j’utilise aussi Workflowy, sauf si c’est complexe ou collaboratif. Si j’ai beaucoup de pièces jointes à insérer dans mes tâches, je vais me tourner vers Meistertask. C’est une organisation plus visuelle en mode KANBAN. On ne peut pas faire de diagramme de gantt, mais cela me convient.

Avec Meistertask j’ai coorganisé un festival d’art, on était une dizaine à naviguer dans le même projet et cela a plutôt bien fonctionné.
Après ce n’est pas l’outil qui va faire une grande différence, mais plutôt les principes d’organisation sous-jacents. Je le répète toujours : Workflowy, Evernote, Notion, Meistertask ou Asana… c’est pas vraiment important.

Je me suis longtemps organisé avec un calepin + crayon et cela fonctionnait plutôt bien. Ce qui compte c’est les compétences en organisation. Par exemple, un problème fréquent en gestion de projet c’est le “tunneling”. Cette tendance à prendre en considération uniquement le projet dans la planification de celui-ci. Alors qu’en réalité, ce sont des éléments en dehors du projet qui nous font prendre du retard. Par exemple, un autre projet qui prend du retard, qui nous empêche de bien dormir, qui tue notre créativité, etc.

Question 5 : Peux-tu nous expliquer comment tu t’organises au quotidien ?

En règle générale je ne mets pas de réveil pour me lever. Aujourd’hui je me suis réveillé à 7h54. J’ai dormi presque 10h.
Mais durant des années, je me levais à 5h du mat pour avancer sur mes projets en parallèle de mon job. Si je parle de cela, c’est pour souligner qu’en fonction du contexte et des objectifs que l’on poursuit, on va mettre en place des pratiques différentes. Peut-être que dans une année j’aurai à nouveau besoin de mettre en place un réveil.
Il est dangereux d’écouter les recommandations d’individus qui vous diront “faites ceci parce que cela a fonctionné chez moi“. Et qu’en est-il des gens qui ont fait la même chose mais pour qui cela n’a pas fonctionné?

Il y a un seul humain qui peut vous dire ce qui est bon pour vous : vous ! Cela nécessite de passer un peu plus en mode expérimentateur et un peu moins en mode “copieur”. C’est un état d’esprit. À l’école on nous dit quoi faire… et on garde ce “pli mental” parfois toute une vie. Ensuite on meurt et c’est dommage de mourir sans avoir pu goutter à la puissance de penser pour soi et faire les choses pour soi. C’est d’ailleurs l’un des regrets les plus importants des gens qui se trouvent sur leur lit de mort.

Naturellement je m’inspire beaucoup d’auteur et j’achète régulièrement des formations. Mais parfois, un seul élément d’une formation est bon à prendre. Cela me suffit pour améliorer mon système et voir comment mon niveau d’énergie évolue.
En organisation, les gens sont trop concentrés sur le temps, les tâches, les priorités et pas assez sur leur niveau d’énergie. Scott Adams le dit très bien: “organisez-vous en fonction de votre énergie“.

Pour revenir à ta question :

  • Le matin : travail créatif ou qui nécessite beaucoup de jus de cerveau,
  • L’après-midi : travail technique / travail avec d’autres personnes / formation personnelle /administratif
  • Le soir : grand repas, détente, passer du temps avec des gens que j’aime, lire

Question 6 : Si mes lecteurs ont envie de découvrir ce que tu fais, où peut-on les envoyer?

Tu peux les envoyer sur le site Organisologie.com/a-propos
Cela leur permettra de mieux me connaître et s’ils ne sont pas trop sensibles (j’aime bien jurer dans mes articles) alors peut-être qu’ils trouveront des articles intéressants 🙂

Pour terminer, voici mon moto du moment : 20% d’analyse 80% d’action.

Merci à Julien d’avoir accepté de répondre à quelques-unes de mes questions. J’espère que cette interview vous aura plu, inspiré, et que cela vous aura donné envie de découvrir l’organisologie et le travail de Julien.

A très bientôt !

Vous pourrez trouver d’autres interviews inspirantes ici.

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5 Comments

  • Reply
    Aline
    18 février 2020 at 9 h 02 min

    Merci, je vais suivre le travail de Julien, moi qui ai de la peine à m’organiser ! Mais je reste une fan des to do lists 😉

  • Reply
    Carpentier
    18 février 2020 at 10 h 31 min

    Bonjour. Merci pour cette belle interview. Parmi toutes les choses pertinentes qui ont été dites, un point m’a particulièrement interpellé. Prioriser au point (à la limite du réalisable bien sûr) de ne mettre sur sa to do list qu’une seule chose prioritaire à réaliser sans devoir visualiser toutes les petites tâches ingrates qui ne seront de toute façon pas faites à temps. Je vais appliquer ! 😀 Merci

  • Reply
    Vie Quatresixquatre
    18 février 2020 at 12 h 59 min

    Je suis fidèle à la to do list, mais chez moi ce serait plutôt une tout doux liste. J’en fais une par semaine, où j’indique les choses à faire dans la semaine et tout ce qui me passe par la tête. Je raye au fur et à mesure et à la fin je regarde ce qu’il reste… car il reste toujours quelque chose. Souvent, je m’aperçois que je peux m’en passer, que ça n’est pas d’actualité et que ça alourdirait trop mon cabas. Je préfère travailler bien que de travailler beaucoup.

  • Reply
    Valentine
    18 février 2020 at 15 h 19 min

    Merci, je ne connaissais ni l’organisologie ni WorkFlowy 🙂 Interview très enrichissante

  • Reply
    Irene de Mon Agenda Bien Etre
    18 février 2020 at 23 h 06 min

    Merci pour cet interview, je rejoins julien pour son approche par le niveau d’énergie ! En effet toute tâche “pénible” ou “que l’on n’a pas envie de faire” est énergivore, il vaut mieux la placer en début de journée. De plus, physiologiquement, notre niveau de cortisol est plus élevé le matin entre 6h et 8H, il nous aide libérer l’énergie présent dans notre organisme et donc à traiter les tâches difficiles !💪

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